VIH : une alternative pour améliorer le profil lipidique sans perte d'efficacité

Dr Isabelle Catala

Auteurs et déclarations

23 août 2011

VIH : améliorer le profil lipidique sans perte d'efficacité

La combinaison emtricitabine/ténofovir, une alternative au traitement par lamuvidine/abacavir, pour améliorer le profil lipidique des patients infectés par le VIH, sans majorer le risque d'échec virologique. IAS, Rome.
23 août 2011

Rome, Italie — Un traitement par lamuvidine/abacavir peut être substitué par une combinaison emtricitabine/ténofovir pour améliorer le profil lipidique des patients infectés par le VIH, sans majorer le risque d'échec virologique, selon un travail présenté par le Dr Edwin DeJesus (Orlando) à l'occasion de la 6e conférence de l'IAS (International AIDS Society) qui s'est tenue à Rome.

Jusqu'à présent, les études comparatives ACTG5202, ASSERT ou BICOMBO ont montré qu'un traitement par emtricitabine/ténofovir était plus souvent associé à un échec virologique que l'association lamuvidine/abacavir. Or en raison de l'impact de cette dernière sur le profil lipidique, des alternatives thérapeutiques sont souhaitables.

Mais l'étude ROCKET 1, au cours de laquelle les patients sous lamuvidine/abacavir bénéficiaient d'une substitution par emtricitabine/ténofovir, a conclu à une amélioration sensible du taux de LDL à jeun et de cholestérolémie. Cette modification n'était pas -contrairement à ce qui était attendu— associée à une majoration du taux d'échec virologique à 48 semaines. Ce travail préliminaire, devait néanmoins être confirmé par une étude de grande ampleur.

Prospective, multicentrique et randomisée, l'étude SWIFT a été mise en place sur 48 semaines afin d'évaluer la sécurité et d'efficacité d'une substitution par emtricitabine/ténofovir chez des sujets traités auparavant par lamuvidine/abacavir.

Non-infériorité

Les 311 patients inclus bénéficiaient d'un traitement par lamuvidine/abacavir associé à un inhibiteur de protéases boosté par du ritonavir. Leur charge virale à l'inclusion était inférieure à 200 copies/mL depuis au moins 3 mois. Ils ont été tirés au sort soit pour poursuivre le même traitement, soit pour bénéficier d'une combinaison emtricitabine/ténofovir/ inhibiteur de protéases boosté par du ritonavir. Tous les patents ont par ailleurs été classés selon le type d'inhibiteurs de protéases prescrit et leurs co-morbidités. Le critère principal de l'étude était l'échec virologique : Délai de Perte de la Réponse Virologique (TLOVR), arrêt prématuré du traitement ou modification du traitement.

Les 311 patients de l'étude étaient à 85 % des hommes, d'âge moyen 47 ans, 28 % étaient d'ethnie afro-américaine et leur taux moyen de CD4 était de 532 cellules/mm3.

Globalement, 11 % des patients des deux groupes ont suspendu le traitement en cours d'étude. A la 48e semaine de traitement, 86,5 % des patients sous emtricitabine/ténofovir et 83,3 % de ceux sous lamuvidine/abacavir conservaient une charge virale inférieure à 200 copies/mL. La différence de pourcentage entre les deux groupes s'établissait à 3,1 % (95 % ; IC : -5 % à 11 %) et n'atteignait donc pas le seuil de significativité, faisant conclure à une non-infériorité de d'association emtricitabine/ténofovir sur le traitement lamuvidine/abacavir.

A considérer, même chez des patients bien contrôlés virologiquement

Trois des patients traités par emtricitabine/ténofovir et 11 de ceux qui avaient reçu la combinaison lamuvidine/abacavir ont connu une situation d'échec virologique (p= 0,33). Sur ces 14 sujets, 8 du groupe emtricitabine/ténofovir présentaient une virémie faible persistante contre 3 dans le groupe lamuvidine/abacavir. Dans aucun des 3 cas d'échec virologique sous lamuvidine/abacavir, il n'existait de signes en faveur de l'apparition de mutation de résistance à l'analyse du génotype.

Pour le Dr DeJesus, « ces résultats d'étude confirment le bien fondé du choix de recommandations thérapeutiques du DHHS (Department of Health and Human Services) et l'IAS pour les Etats-Unis (International AIDS Society) qui préconisent un traitement préférentiel par emtricitabine/ténofovir/inhibiteur de protéases boosté gardant l'option lamuvidine/abacavir/inhibiteur de protéases boosté comme une alternative. Une modification de traitement (emtricitabine/ténofovir contre lamuvidine/abacavir) peut donc désormais être envisagée afin d'améliorer le profil lipidique et dans un même temps réduire de risque d'échec virologique ». Il a ajouté que ce travail constitue aussi un élément de preuve supplémentaire de l'intérêt d'une modification de traitement, y compris chez des patients bien contrôlés virologiquement, si le nouveau choix thérapeutique permet d'apporter des bénéfices physiopathologiques secondaires. Ce type d'approche est particulièrement sûr chez les sujets qui ne présentent pas de résistances virales à l'état de base ».

Cette étude a été financée par Gilead Sciences. Le Dr DeJesus signale qu'il a reçu des honoraires comme expert, consultant et orateur de la part de différentes industries pharmaceutiques, y compris de Gilead Sciencesy.

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