Somnolence et mauvais contrôle glycémique seraient liés

22 août 2011

La somnolence, indicateur de la santé en général ?

Les relations entre troubles du sommeil et contrôle de la glycémie sont plus complexes qu'attendu, selon les données préliminaires de l'étude multicentrique en cours Glycosa.
22 août 2011

Minneapolis, Etats-Unis - « Les données présentées ici à SLEEP 2011, la 25ème Rencontre annuelle des "Associated Professionnal Sleep Societies", offrent quelques éclairages inattendus », indique d'emblée le Dr R. Nisha Aurora, de l'Université John Hopkins à Baltimore.

« Un résultat surprenant de l'analyse des patients à l'inclusion montre l'absence d'association entre le contrôle glycémique et les mesures habituelles des troubles respiratoires du sommeil, comme l'index d'apnée-hypopnée (AHI) ou la désaturation en oxygène (ODI) parmi les individus qui ont un diabète de type 2 et un syndrome d'apnées obstructives du sommeil (SAS) », explique-t-elle.

« Et probablement plus étonnant encore, le contrôle glycémique est associé à une somnolence telle que mesurée sur l'échelle de somnolence d'Epworth », ajoute-t-elle. `

Ventilation à pression positive et contrôle glycémique

L'étude Glycosa (ResMed), encore en phase de recrutement de patients, a été conçue pour évaluer l'impact de la ventilation en pression positive (CPAP) sur le contrôle glycémique de patients diabétiques de type 2 qui souffraient d'un SAS.

Cet essai inclut 531 sujets (65,5 % d'hommes et 86 % de blancs), dont la moyenne d'âge est de 62 ans et l'IMC (indice de masse corporelle) de 32.

À l'inclusion, ils devaient être nouvellement diagnostiqués pour leur apnée du sommeil et présenter un diagnostic de diabète de type 2 depuis au moins 3 mois, traité avec des hypoglycémiants oraux, ainsi qu'une hémoglobine glyquée (HbA1c) entre 6,5 % et 8,5 %.

L'index médian AHI de la cohorte était ici de 20 événements par heure et le niveau moyen de HbA1c de 7,1 %.

« Bien qu'aucune association n'ait été trouvée entre l'HbA1c et soit l'AHI, soit l'ODI, les patients qui ont un niveau élevé de somnolence (supérieur à 12) sur l'échelle d'Epworth ont un niveau plus élevé de HbA1c (7,3 % vs 7,0 % ; p? .007) comparé à ceux qui avaient un score inférieur à 7, après ajustement en fonction des facteurs confondants (âge, sexe, race, site hospitalier, IMC et tour de taille) », détaille le Dr Aurora.

« Ce qui est cliniquement pertinent, parce que ce sont des patients qui ont des élévations légères à modérées de leur HbA1c. Ces résultats valent qu'on y prête attention… Si nous pouvions juste interroger nos patients diabétiques sur une éventuelle somnolence, nous pourrions identifier ceux qui ont un contrôle glycémique insuffisant », espère-t-elle.

« Ces résultats sont intéressants, observe le Dr Naresh Punjabi, l'un des principaux investigateurs de Glycosa, auteur principal de l'étude et professeur associé à John Hopkins, parce qu'ils permettent de faire la part entre les différentes mesures du sommeil, et déterminer celles relatives au contrôle glycémique ».

« Je me demande ce que mesure exactement l'échelle d'Epworth, je ne suis pas sûr que ce soit juste un index de somnolence, mais peut-être est-ce un critère composite de la santé? Peut-être mesure-t-il quelque chose comme l'état de santé global, suggérait-il lors de la séance de questions, Du point de vue des messages de santé publique à délivrer, cela a des implications certaines, quand une simple question conduit à quelques découvertes intéressantes… ».

Sommeil ou somnolence ?

« Le fait que les marqueurs d'apnée du sommeil ne sont pas liés au contrôle de la glycémie est surprenant », commente pour Medscape Medical News le Dr Charles Atwood, professeur agrégé et directeur associé au Centre de Médecine du Sommeil de l'Université de Pittsburgh (Pennsylvanie), modérateur de la session.

« La question ici est de savoir ce qui est vraiment associé à l'apnée du sommeil et au contrôle insuffisant de la glycémie… Est-ce la somnolence ou la qualité du sommeil ? Cette étude suggère que ce serait plutôt la somnolence et c'est inattendu », ajoute le Dr Atwood.

« Ils auront probablement besoin d'analyser davantage l'ensemble de leurs données pour examiner d'autres aspects de l'apnée du sommeil. Ce travail donne en tout cas à réfléchir, et je pense que la question de l'échelle d'Epworth qui mesurerait approximativement la santé en général est intéressante », conclut-il.

L'étude a été financée par ResMed ; le Dr Aurora reçoit des subventions de recherche de ResMed, le Dr Atwood de Respironics.

Cet article a été originalement publié sur Medscape.com le 23 juin 2011; adapté par le Dr Brigitte Blond.

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