Trop d'idées reçues sur l'hôpital public !

Dr Walid AMARA

29 juin 2011

Paris, France —La Fédération Hospitalière de France (FHF) lance une opération de communication contre les idées reçues concernant l'hôpital public. L'objectif pour Jean Leonetti, président de la FHF, est « d'en finir avec les idées reçues ». [1]

Dr Michel Hanssen

Le Dr Michel Hanssen
(Hagueneau), président du Collège National des Cardiologues Hospitaliers (CNCH) a accepté de commenté ces informations pour heartwire.

L'hôpital public : performant économiquement ?

Idée reçue : La proportion des dépenses consacrées à l'hôpital public ne cesse d'augmenter 

« La part relative consacrée au l'hôpital public par l'Assurance maladie en terme de dépenses est passée de 41% à 34% en 30 ans. Cette maitrise a été renforcée par le passage à la T2A (tarification à l'activité) en 2004. A titre de comparaison, la part relative consacrée aux soins de ville a progressé plus vite que celle de l'hôpital public.»

Idée reçue : Les dépenses consacrées à l'hôpital sont plus importante en France que chez nos voisins européens

« Si la part des dépenses consacrée aux hôpitaux publics et cliniques privées est plus importante en France, en comparaison aux autres pays de l'OCDE (37% vs. 29%), celle-ci est en rapport avec le poids important des cliniques privées. »

Idée reçue : La performance économique des hôpitaux est médiocre

« Les indices semblent indiquer qu'en dehors de quelques hôpitaux ici ou là, la performance s'est améliorée. Dans l'ensemble une grande part des dépenses des hôpitaux est mutualisée afin d 'obtenir les meilleurs prix auprès des fournisseurs.

Entre 1995 et 2007, le nombre de lits a baissé en France passant de 4,6 à 3,6 par million d'habitants. Parallèlement, la performance a augmenté avec notamment une baisse de la durée moyenne de séjour en passant sur la même période de 6,2 à 5,5 jours.

 Il est vrai que la Fédération Hospitalière Privée (FHP) n'a pas toujours « fait dans la dentelle » avec par exemple l'ouverture du site Hostocomparateur même si cela correspond en partie à ses fonctions. De façon complémentaire, notre gouvernement, très inspiré par les idées anglo-saxonnes, contribue largement à une certaine désinformation. Il paraît bien étrange que les éléments recueillis dans le cadre de l'échelle national des coûts (ENC) ne soient toujours pas divulgués ! »

Idée récurrente : Il faut donner une part plus importante à l'hospitalisation privée

« Actuellement en France, l'hospitalisation privée reste concentrée autour de la prise en charge des pathologies lucratives.

Lorsqu'on prend l'exemple de l'infarctus du myocarde, on constate un écart entre le tarif CCAM et le coût réel de la pathologie. A titre d'exemple, pour l'infarctus au niveau 4, le tarif CCAM est de 5327 euros alors que le cout est de 7861 euros.

Concernant les dépenses des ménages, la part des dépenses restant à charge des patients est plus importante dans les cliniques (15,4%) alors qu'elle est de 5,4% dans les hôpitaux.

Les dépassements d'honoraires sont plus fréquents pour les médecins en clinique (plus de 85% d'entre eux) alors que seulement 5% des praticiens hospitaliers exerçant une activité libérale exercent en dépassement d'honoraires.

 
Entre privé et public, nous sommes tous dans « le même bateau » avec peut-être un décalage dans le temps lié aux échéances politiques — Dr Michel Hanssen
 

Dans son éditorial de la revue Le Cardiologue du mois de mai dernier, notre ami Christian Ziccarelli (Président du SNMCV, membre du Conseil national professionnel de cardiologie), prédit la mort annoncée de la cardiologie libérale ambulatoire et évoque une catastrophe sanitaire, vraisemblablement, à juste raison. En fait entre privé et public, nous sommes tous dans « le même bateau » avec peut-être un décalage dans le temps lié aux échéances politiques ».

Les hôpitaux sont-ils performants médicalement ?

On ne compte plus les premières mondiales réalisées

« On ne peut oublier que l'hôpital public joue un rôle central dans la recherche et l'innovation médicale.

Plus de 15% du budget des CHU est consacré à la recherche, l'enseignement et l'innovation, soit plus de 2 milliards par an.

Concernant les infections nosocomiales, elles évoluent à la baisse. En effet, une enquête de l'institut de Veille Sanitaire (InVS) montre la diminution des infections nosocomiales en France, et que cette baisse concerne particulièrement les infections à Staphylocoque doré méthicilline résistant SDMR. Sa prévalence a baissé en 15 ans de 59% en réanimation, de 44% en chirurgie et de 32% en médecine. Ceci peut être porté au solde des programmes d'assurance qualité, aux procédures e certifications,

Une évolution du système de santé est évidemment nécessaire mais pas au prix d'une déstructuration conduisant à une casse de notre système de santé qui, il n'y a pas longtemps encore, était parmi les plus performants au monde en terme de résultat et d'équité ».

Le docteur Michel Hanssen n'a pas déclaré de conflits d'intérêt

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