Les rides peuvent-elles prédire le risque de fractures osseuses ?

Megan Brooks

Auteurs et déclarations

9 juin 2011

Prédire les fractures grâce aux rides ?

Les rides sont-elles le reflet de la santé des os ? La question peut surprendre. C'est pourtant ce que tend à démontrer une étude présentée lors du colloque de société américaine d'endocrinologie (ENDO 2011).
9 juin 2011

Boston, Massachusetts - Une étude présentée lors du dernier colloque américain de la société d'endocrinologie (ENDO 2011) rapporte que l'abondance et la profondeur des rides pourrait aider à prédire le risque de fractures chez les femmes.

L'étude a en effet retrouvé une corrélation inverse entre les rides et la densité minérale osseuse (DMO) chez une population de femmes ménopausées depuis 3 ans ne prenant pas de traitement hormonal substitutif, et n'ayant pas procédé à de traitements cosmétiques anti-rides. L'explication à cette relation « qui n'avait pas encore été établie» tiendrait au fait que l'architecture osseuse et la peau partage un élément un commun : le collagène. Ainsi les modifications de la composition en collagène liées à l'âge qui affecteraient la peau pourraient aussi contribuer à une DMO réduite.

Les études ont porté sur 114 femmes post-ménopausées examinées en 11 points spécifiques du visage et du cou pour la profondeur des rides et la fermeté de la peau selon des échelles de mesure validées. La DMO a été évaluée par ostéodensitométrie au niveau du rachis lombaire, de la hanche et de la totalité du corps.

Une corrélation inverse très claire a été observée entre rides et DMO pour le rachis lombaire (r, -0,27; P < 0,01), le col du fémur (r, -0,29; P < 0,01), et la totalité du corps (r, -0,26; P =0,01), et ce, indépendamment de l'âge, de la composition corporelle et d'autres facteurs connus pour influencer la DMO.

Pour le principal investigateur, le Dr Lubna Pal, endocrinologue et professeur à l'Université de Yale : « l'objectif, au final, est de savoir si l'intensité des rides peut permettre l'identification de femmes ayant un risque accru de fractures, en particulier de la hanche et du col du fémur. Cela permettrait d'identifier des populations à risque n'ayant pas accès aux technologies coûteuses de dépistage. » Elle reconnaît toutefois que ces résultats doivent être confirmés par de nouvelles études. L'essai va d'ailleurs être poursuivi afin de voir si « les femmes les plus ridées perdent de l'os à un rythme plus soutenu que celles qui ne le sont pas ».

L'étude a été financée par la Fondation Aurora pour le Kronos Longevity Research Institute à Phoenix, Arizona. Le Dr Pal a déclaré n'avoir aucun conflit d'intérêt.

Cet article a été originalement publié sur Medscape.com, le 4 juin 2011 ; auteur Megan Brooks. Adapté par Stéphanie Lavaud.

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