POINT DE VUE

Schizophrénie : des jumeaux homozygotes non identiques génétiquement ?

Dr Leslie Citrome

Auteurs et déclarations

25 avril 2011

Jumeaux homozygotes mais non identiques génétiquement

Une étude sur la schizophrénie remet en question les idées reçues sur la constitution génétique des jumeaux monozygotes.
25 avril 2011

Maiti S, Kumar KH, Castellani CA, O'Reilly R, Singh SM. Ontogenetic De Novo Copy Number Variations (CNVs) as a Source of Genetic Individuality: Studies on Two Families with MZD Twins for Schizophrenia. PLoS One. 2011;6:e17125

Résumé de l'étude

Maiti et coll. font état des modifications génomiques dans deux familles comprenant chacune deux jumeaux monozygotes dont un seul était atteint de schizophrénie. L'analyse de l'ADN portait sur deux types de polymorphismes : d'une part, la duplication ou la délétion de certaines séquences, d'autre part, des polymorphismes mononucléotidiques. Ces analyses ont révélé des différences génomiques significatives entre les paires de jumeaux. La conclusion est double. Premièrement, s'agissant de la schizophrénie, on peut soupçonner, au niveau des divergences génétiques constatées entre jumeaux, des gènes candidats de susceptibilité à l'affection. Deuxièmement, sur le plan de la génétique formelle, ce résultat confirme que la transmission du matériel génétique d'une génération à la suivante n'est pas une reproduction conforme, et qu'en fait de similitude, il n'y a qu'une proximité entre jumeaux homozygotes. Ces notions éclairent les limites à la fois de la compréhension des mécanismes moléculaires de la méïose et de la mitose, et des conclusions tirées des études de jumeaux, basées sur l'hypothèse d'une parfaite homologie des génomes.

Point de vue

Nous avons toujours présumé que les jumeaux monozygotes étaient génétiquement identiques, mais il se pourrait que ce ne soit pas le cas. Des modifications génomiques durables peuvent en effet survenir pendant la procréation. Nous pouvons maintenant ajouter cette trouvaille à la longue liste d'idées surprenantes comme celles des interactions entre les gènes et l'environnement où il n'est pas rare de voir des facteurs environnementaux influencer l'expression de certains gènes, l'augmentation du risque de schizophrénie en cas d'âge paternel avancé et l'observation voulant que l'ADN non codant soit loin d'être inutile.

Ce point de vue a été originalement publié sur medscape.com le 15 avril 2011.

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