POINT DE VUE

Complications neurologiques chez les enfants infectés par H1N1

Dr Laurie Barclay

Auteurs et déclarations

1er février 2011

Complications neurologiques chez les enfants infectés par H1N1

Analyse d'une étude récente sur le spectre des complications neurologiques chez des enfants hospitalisés en 2009 à cause de la grippe H1N1.
1 février 2011

Kedia S, Stroud B, Parsons J et coll. Pediatric Neurological Complications of 2009 Pandemic Influenza A (H1N1). Arch Neurol. 13 déc. 2010.

Résumé de l'étude

L'objectif de cette série de cas rétrospective était de décrire le spectre des affections neurologiques survenues chez des enfants hospitalisés entre le 1er mai 2009 et le 30 novembre 2009 en raison d'une infection par le virus pandémique de la grippe A H1N1 de 2009 (pH1N1). Dans un hôpital de soins tertiaires pour enfants du Colorado, tous les patients hospitalisés porteurs du virus pH1N1, qui ont passé une consultation neurologique, subi une ponction lombaire, un électro-encéphalogramme (EEG) ou un examen de neuro-imagerie, ou ont reçu un diagnostic neurologique, étaient admissibles à l'étude. Suivant des définitions préétablies, les investigateurs ont systématiquement examiné ces cas et les ont inclus dans l'analyse définitive s'il était confirmé que l'affection était bien une complication neurologique de la grippe pH1N1.

Parmi les 307 enfants souffrant de la grippe pH1N1, on soupçonnait 59 cas de complications neurologiques : 23 d'entre eux ont été confirmés. Près des trois quarts (17 ; 74 %) avaient déjà reçu un diagnostic d'affection neurologique. Des soins de suivi intensifs ont été requis pour 15 patients (65 %) ayant présenté des complications confirmées, la durée moyenne du séjour étant de quatre jours.

Les crises convulsives concomitantes à une maladie neurologique sous-jacente sont survenues chez 62 % des patients. L'encéphalopathie, avec ou sans résultats d'examens de neuro-imagerie, s'est déclarée chez 26 % des patients. Bien que trois patients sur six aient affiché des taux accrus de protéines dans le liquide céphalo-rachidien, la pléocytose n'était pas significative. Un ralentissement diffus a été observé à l'EEG dans sept tracés sur neuf. Des anomalies se sont révélées aux examens d'imagerie par résonance magnétique chez cinq enfants sur six. Le taux de mortalité était de 13 %, et 22 % des patients présentaient une incapacité à court terme.

Point de vue

Nonobstant les limites inhérentes à toute série de cas, il s'agit du rapport le plus vaste et le plus complet jamais réalisé sur l'incidence des complications neurologiques touchant les enfants hospitalisés et infectés par le virus de la grippe pH1N1. En l'occurrence, les manifestations neurologiques touchaient principalement ceux qui étaient déjà atteints d'affections neurologiques. Les crises convulsives étaient les manifestations les plus fréquentes, suivies en nombre de l'encéphalopathie. Comme dans les observations antérieures, le cours de la maladie était grave, et les enfants affectés réclamaient des soins intensifs ; leur taux de décès ou d'incapacité neurologique était relativement élevé.

Ces résultats indiquent que les initiatives de prévention de la grippe devraient spécifiquement cibler les enfants présentant des affections neurologiques sous-jacentes ; s'ils manifestent des symptômes pseudogrippaux, il faut immédiatement leur administrer un traitement d'appoint agressif.

Ce point de vue a originalement été publié sur Medscape.com, le 4 janvier 2011.

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