Glitazones : une déclaration commune de l'ACC/AHA pour calmer le jeu

Dr Catherine Desmoulins

2 mars 2010

Dallas, Etats-Unis — Suite au rapport du Sénat américain remettant en cause la sécurité de la rosiglitazone (Avandia, GSK), l'American College of Cardiology et l'American Heart Association ont faire paraître une déclaration commune dans Circulation, le Journal of the American Heart Association et le Journal of the American College of Cardiology. [1]

Un appel au calme adressé aux cliniciens et aux patients car, à ce jour, « les données sur la dangerosité cardiaques des antidiabétiques oraux de la classe des glitazones ne sont pas concluantes » affirment les deux sociétés savantes qui ajoutent « mais nous recommandons d'utiliser ces traitements en surveillant rigoureusement les patients (with close monitoring) ».

« Des études sont en cours et des données complémentaires sont nécessaires pour comprendre quels sont les meilleurs traitements du diabète » explique Clyde Yancy, président de l'AHA qui rappelle que la prise en charge du diabète, destinée à réduire les AVC et IDM, se compose du trépied régime, exercice physique et traitement.

« Les connaissances scientifiques sont en constante évolution et les cliniciens doivent se tenir informés » note pour sa part Alfred Bove, président de l'ACC. « Dans ces conditions, les patients doivent se sentir en sécurité avec leur praticien. Dans cette pathologie, la qualité du lien médecin-patient est essentielle. »

On peut trouver, dans cette déclaration commune, l'ensemble des données cliniques dont on dispose à ce jour sur l'efficacité et la sécurité des glitazones ainsi que des conseils pratiques de prise en charge du diabète, destinés aux médecins et aux patients.

Ainsi, il est rappelé qu'en matière d'antidiabétiques oraux :

  • La metformine est indiquée en première intention, en particulier chez les sujets obèses. En l'absence de réduction suffisante de l'HbA1c (< 7 %), d'autres traitements peuvent être envisagés « tout en sachant que les données sur le bénéfice cardiovasculaire de ces autres agents sont rares. »

  • Quand un traitement par glitazone est envisagé (pioglitazone ou rosiglitazone), il ne faut pas être dans l'attente d'un effet préventif sur les événements vasculaires et le rationnel de ce choix thérapeutique doit être discuté avec le clinicien.

En revanche, les patients qui ont atteint le taux recommandé d'HbA1c sous glitazone peuvent concevoir de conserver ce traitement. Mais si le clinicien ou le patient souhaite changer de classe pharmacologique, il n'y a pas de raison médicale de conserver la glitazone.

Le moins que l'on puisse dire est que les deux sociétés savantes américaines, accusées par le Sénat de faire courir un risque aux malades avec la rosiglitazone, jouent la carte de l'extrême prudence.

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