Pas anodin de rajouter une sonde lors d'un changement de PM ou de DAI

Dr Walid Amara

24 novembre 2009

Orlando, FL, É.-U. — À l'occasion d'un changement de stimulateur (PM) ou de défibrillateur cardiaque (DAI), il est fréquent de rajouter une sonde, notamment une sonde de stimulation ventriculaire gauche, en vue d'obtenir une resynchronisation ou une sonde de défibrillation pour « upgrader » le pacemaker vers un défibrillateur.

Les registres de changements de PM ou de DAI sans rajout de sonde montrent un taux de complication de 4 %. L'objectif du registre REPLACE, présenté au congrès de l'American Heart Association 09, était d'évaluer le taux de complications chez les patients ayant un rajout programmé d'une sonde [1].

Une série de 713 patients âgés de 70 ans en moyenne

Dr Poole

« Le registre REPLACE a évalué la morbidité du rajout de sondes sur une série de 713 patients opérés entre juin 2007 et novembre 2008 » a indiqué le Dr Jeanne Poole (Seattle, WA, É.-U.).

Les patients inclus devaient avoir une addition de sonde ou une révision du type de matériel, et une espérance de vie d'au moins 6 mois. Tous étaient suivis entre 1 et 7 semaines, à 3 mois et à 6 mois.

Les complications ont été classées en catégories mineures et majeures.

Les complications majeures comprenaient les décès, infections, hémothorax, pneumothorax, perforation cardiaque, AVC, tamponnade, embolie pulmonaire, hématome nécessitant une évacuation, réintervention sur la poche, réhospitalisation.

 
Dans 57 % des cas, la procédure effectuée étaient la mise en place d'une resynchronisation —Dr Poole (Seattle, WA, É.-U.)
 

Les complications mineures comprenaient les changements de statuts du patient, les déhiscences de cicatrice, les hématomes évoluant depuis plus de 7 jours, les cellulites, les hémorragies mineures, les abcès locaux et les reprogrammations pour symptômes.

Les patients inclus dans l'analyse avaient un âge moyen de 70 ans, 30 % étaient diabétiques, 19 % avaient une créatinine > 1,3 mg/dL, 40 % avaient un antécédent d'infarctus, 40 % un antécédent de pontage de chirurgie valvulaire. La fraction d'éjection moyenne était de 30+13 % et 56 % étaient en classe NYHA III ou IV.

46 % étaient porteurs d'un PM et 45 % d'un DAI. Dans 9 % des cas, les patients avaient déjà un appareil de resynchronisation.

« Dans 57 % des cas, la procédure effectuée étaient la mise en place d'une resynchronisation » a expliqué le Dr Poole.

Une complication mineure a été observée chez 7,6 % des patients.

Les principales complications mineures étaient :

  • Un hématome tendu dans 2,2 % des cas.

  • Un hématome non tendu dans 2,1 % des cas.

  • Une reprogrammation dans 1,8 % des cas.

Complications majeures avant et après 24 h

Au total, 14 % de complications majeures sont à déplorer.

Registre REPLACE : complications majeures à plus de 24 h


%
Total
14
Dysfonction nécessitant reprise
6,5
Addition ou extraction de sonde
3,7
Prolongation d'hospitalisation
2,5
Hématome
1,5
Décès
1,1
Réhospitalisation
1
Infection
0,8
Thrombose veineuse
0,6

Une complication majeure a été observée dans les 24 heures dans 2,4 % des cas et au-delà de 24 heures dans 14 % des cas.

Les principales complications majeures étaient :

  • Une perforation cardiaque dans 0,7 % des cas.

  • Un pneumothorax dans à 0,6 % des cas.

  • Un hémothorax dans 0,3 % des cas.

  • Une instabilité hémodynamique dans 0,3 % des cas.

  • Une dissection du sinus coronaire dans 0,1 % des cas.

  • Un arrêt respiratoire dans 0,1 % des cas.

À noter qu'aucun décès n'a été noté dans les 24 heures.

 
7,6 % de complications mineures et 14 % de complications majeures.
 

« Ces complications concernaient essentiellement des dysfonctions de sonde, la nécessité d'ajouter ou d'extraire une sonde ou une prolongation de l'hospitalisation » a précisé le Dr Poole.

À noter que le taux de complication majeure était plus important lorsque la reprise portait sur les sondes gauches.

Registre REPLACE : complications selon le type de sonde


%
IC à 95 %
Sonde VG
18,7
15,1-22,6
Sonde VD / OD
11,1
7,4-15,9
Pas de problème de sonde
4,4

Pr Leclercq

« La principale complication majeure qu'on craint lors de la reprise est l'infection. Le taux d'infection dans cette étude reste cependant faible » commente le Pr Christophe Leclercq
(CHU Rennes) pour heartwire
.

« La durée de suivi dans cette étude reste, à ce titre, faible et ne permet pas de dépister l'ensemble des complications infectieuses qui peuvent survenir tardivement. »

 
La durée de suivi dans cette étude reste faible et ne permet pas de dépister l'ensemble des complications infectieuses qui peuvent survenir tardivement — Pr Leclercq (CHU Rennes)
 

Le panel d'experts présents lors de la hotline a, par ailleurs, insisté sur l'absence de groupe témoin dans cette étude.

Le groupe comparatif « optimal » dans ce cas serait des patients ayant eu une primo-implantation d'un PM/DAI en particulier d'appareils de resynchronisation.

Pour rappel, en France, tous les patients implantés d'un appareil de resynchronisation et/ou de défibrillation ont l'obligation de participer aux registres nationaux qui sont STIDEFIX et CERTITUDE.

Le Dr Jeanne Poole a déclaré que ce registre a été financé par Biotronik.
Le Pr Leclecq a des activités de consultant pour Biotronik, Boston Scientific, Medtronic, Sorin et St Jude.

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