Pacemakers et DAI : comment éviter les interférences électromagnétiques en milieu médical ?

Dr Walid Amara

17 avril 2007


Le congrès ELECTRA, parrainé par le CNCF et l'European Council of Cardiology, est un rendez-vous annuel pour la formation pratique à la surveillance des stimulateurs cardiaques. ELECTRA 2007 aura lieu à Marseille, du 30 novembre au 1er décembre 2007.

Marseille, France — Les pacemakers et défibrillateurs implantables sont sensibles aux interférences électromagnétiques (IEM). Le cardiologue est notamment souvent interrogé sur les IEM auxquelles sont soumis les patients en milieu médical.

Dr F Fossati

Lors du congrès ELECTRA 2006 (Marseille), une présentation du Dr Frédéric Fossati (Lille, France) a été consacrée à ce sujet. [1]

Il est important de connaître les différents effets possibles des appareils médicaux, de même que les mesures préventives car les interférences sont de gravité variable pour la prothèse implantée. Celles-ci peuvent aller de l'inhibition, au fonctionnement en mode asynchrone, voire à la survenue de chocs inappropriés chez les porteurs de défibrillateurs.

L'IRM, une contre-indication classique

L'IRM est à proscrire chez les porteurs de prothèse car elle peut engendrer déplacement du boîtier, stimulation asynchrone, inhibition, stimulation à fréquence rapide, induction d'arythmies, élévation des seuils, déprogrammation, voire des chocs inappropriés.

Ainsi, l'IRM reste un examen contre-indiqué chez les patients porteurs de stimulateurs et de défibrillateurs cardiaques.

Il faut cependant savoir, qu'une note d'espoir existe. En effet des essais cliniques sont en cours avec des stimulateurs et des sondes constitués de matériaux différents qui les rendraient ainsi moins sensibles aux IEM. Ces nouveaux appareils sont actuellement en cours d'évaluation chez l'homme.

La radiothérapie génère de fortes interférences

On ignore souvent que les accélérateurs de particules génèrent de fortes interférences. Ainsi, ils entraînent de nombreux effets, souvent variables qui peuvent parfois être retardés. Ils vont du passage en mode asynchrone, à l'inhibition, la déprogrammation voire la panne de la prothèse (une diminution d'amplitude de plus de 10 % annonce une extinction rapide du stimulateur).

Ainsi, en cas de radiothérapie — celle-ci n'est pas contre-indiquée de manière formelle — il faut éviter de placer le PM dans le champ de rayonnement, le protéger par un mantelet de plomb (division par 10 de la dose reçue). La dose maximale cumulée reçue doit être inférieure à 2 Grays. Un monitoring ECG pendant l'irradiation ainsi qu'un contrôle après chaque séance sont nécessaires.

Le bistouri électrique

Le bistouri électrique peut entraîner une inhibition de la prothèse, un passage en mode asynchrone, une déprogrammation, un bloc de sortie (par micro-coagulations au contact de l'extrémité de la sonde), des chocs inappropriés de même que des arythmies ventriculaires.

Des précautions doivent être prises par le chirurgien :

  • Eviter d'utiliser le bistouri électrique si possible.

  • Privilégier le mode bipolaire.

  • Préférer le mode coagulation ou mode section.

  • Le bistouri électrique doit être éloigné au maximum de la prothèse.

  • Son utilisation ne doit pas être continue.

Des précautions sont donc nécessaires :

  • Désactiver temporairement le défibrillateur (par programmation ou par un aimant qui inhibe tous les chocs).

  • Privilégier une détection bipolaire.

  • Un monitoring ECG est nécessaire.

  • Un contrôle de la prothèse après l'intervention est nécessaire.

En cas de choc électrique externe

Les palettes doivent être posées à distance du défibrillateur. Les chocs électriques biphasiques antéro-postérieurs et à faible énergie sont à privilégier. Là également, un contrôle du stimulateur est recommandé avant et après le choc.

En cas d'ablation par radiofréquence

Le comportement du PM ou du DAI est variable, aléatoire et inattendu. En effet, les risques restent multiples : passage en mode asynchrone, risque de sur- ou de sous-détection, risque de choc inapproprié, perte de télémétrie.

En cas d'ablation par radiofréquence, le défibrillateur doit être désactivé, un contrôle systématique doit être réalisé à la fin de la procédure.

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