Quid des apports en acides gras oméga 3 en pratique courante ?

Dr Walid AMARA

13 novembre 2006

Chicago, Illinois - A l'ère de la supplémentation médicamenteuse en oméga 3, une session congrès 2006 de l'American Heart Association (AHA) s'est intéressée aux sources alimentaires en oméga 3. Le Dr William Hans (Sioux Falls, États-Unis) a fait un tour d'horizon des sources potentielles d'acides oméga 3 et a rappelé les recommandations de l'AHA. [1]

La première source alimentaire est représentée par les poissons gras, au premier rang desquels vient le saumon. L'orateur a également cité les anchois, sardines, le hareng et le maquereau. À un degré moindre, le thon blanc est également une source alimentaire d'oméga 3.

Certaines plantes permettent d'apporter un acide oméga 3, l'acide linolénique qui est transformé par l'organisme en 2 autres acides oméga 3, l'EPA, l'acide eicosapentaénoïque, et le DHA, l'acide docosahexanoïque. L'acide linolénique n'a pas d'action métabolique directe chez l'homme. Ce sont ses métabolites qui ont des actions physiologiques. Cependant le degré de transformation de l'acide linolénique est très faible, puisqu'il est de moins de 1 % pour l'EPA et de moins de 0,01 % pour le DHA. Les données épidémiologiques semblent montrer que la supplémentation en acide linolénique permet de diminuer le risque cardiovasculaire, mais cela n'a pas été formellement confirmé par les études randomisées. On trouve les oméga 3 dans les huiles végétales de colza, bourrache, soja et noix.

Apports alimentaires, capsules de poisson, médicaments, aliments enrichis...

Une étude réalisée par W Hans a montré que l'apport d'une capsule d'huile de poisson par jour permet d'obtenir des taux sérique d'EPA et DHA équivalents à ceux retrouvés chez les sujets consommant du poisson gras deux fois par semaine.

 
L'AHA recommande un apport bihebdomadaire d'oméga 3 sous forme de poissons gras chez le sujet tout venant - Dr William Hans (Sioux Falls, États-Unis)
 

Par ailleurs, à ce jour, il existe deux formes possibles de supplémentation médicamenteuse en acides oméga 3 : une forme orale (une capsule par jour contenant 850 mg d'EPA et DHA ; cette forme est commercialisée en France) et une forme intraveineuse sous forme d'émulsion d'oméga 3.

Une autre source à ce pas négliger dans l'avenir est celle des aliments enrichis. En effet, certaines algues riches en oméga 3 permettront d'enrichir le contenu en oméga 3 des poissons. Il est par ailleurs possible ce jour d'obtenir des œufs enrichis en oméga 3 (du fait d'une alimentation enrichie des poulets).

Quand recommander des apports en oméga 3 ?

W Hans a rappelé les recommandations 2002 de l'AHA publiées dans Circulation[2].

  • Chez les sujets ne présentant pas de maladie coronaire, un apport d'oméga 3 est recommandé sous forme de poissons gras 2 fois par semaine.

  • Chez les coronariens, un apport journalier d'environ 1 gramme d'EPA + DHA est recommandé de préférence sous forme de poissons gras. L'utilisation de suppléments médicamenteux est possible dans ce contexte (certains ont d'ailleurs l'AMM en France en post-infarctus).

  • Chez les sujets nécessitant un traitement hypotriglycéridémiant, un apport quotidien de 2 à 4 g d'EPA + DHA est recommandé.

Les recommandations récentes de diététique et de mode de vie de l'AHA (2006) ont repris une partie de ces recommandations en plaidant pour un apport bihebdomadaire de poissons gras chez le sujet tout venant [3].

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