TELEX : l'actualité internationale des 7 derniers jours

Dr Catherine Desmoulins

7 novembre 2005

www.theheart.org fait désormais partie du groupe WebMD Health qui détient Medscape cardiology

Montréal, (Québec) et New-York (New-York)- L'éditeur de www .theheart.org, la société Conceptis Technologies a accepté d'être rachetée par WebMD Health. La combinaison de www.theheart.org à Medscape Cardiology en fait un support d'information leader dans le domaine de la cardiologie. "Les deux compagnies ont utilisé le même médium, à savoir Internet, pour communiquer avec les cliniciens dans le monde entier mais ont suivi des approches différentes, explique Roger Simard, PDG de Conceptis. De plus en plus de médecins ont recours à l'Internet pour s'informer et se former. La combinaison des forces de theheart.org et de WebMD Health va nous permettre de satisfaire encore plus les attentes."

Le rapport taille/hanche détrône largement le BMI

Hamilton, Ontario- La gigantesque étude INTERHEART a servi à comparer la valeur prédictive, en matière de risque d'infarctus du myocarde, de l'indice de masse corporelle (IMC) et du rapport taille/hanche. [1] Cette nouvelle analyse a porté sur 27 098 personnes issues de 52 pays. Elle montre que le rapport taille/hanche est un marqueur du risque d'infarctus qui se situe loin devant l'IMC. "Il nous faut redéfinir notre façon de considérer le surpoids et le risque cardiovasculaire" conclue Salim Yusuf, auteur principal de cette publication dans le Lancet..

L'étude révèle, en effet, une relation linéaire entre l'augmentation du rapport taille/hanche et le risque d'infarctus qui se maintient après ajustement des autres facteurs de risque et qui s'élève jusqu'à un risque relatif de 2,52 (pour le quintile le plus élevé). À l'opposé, l'IMC a un lien modeste et limité avec l'infarctus. Ce lien perd même son seuil de significativité après ajustement sur les facteurs de risque : tabac, dyslipidémie, hypertension, diabète, activité physique, régime alimentaire,consommation d'alcool et facteurs psychosociaux. Et même pour les patients situés dans le quintile d'IMC le plus élevé, le risque relatif n'est que de 1,44.

La conclusion qui s'impose est que le rapport taille/hanche permet d'identifier des personnes à risque d'infarctus malgré un IMC considéré comme normal, entre 20 et 23 par exemple. Et inversement, des personnes, étiquetées obèses par un IMC >30 mais dans les quintiles les plus bas du rapport taille/hanche peuvent ne pas avoir un risque majoré.

A plus large échelle, avance le Dr Sharma interrogé par heartwire "cette étude transmet un message de santé publique à des pays comme la Chine et l'Asie du sud-est, où une proportion non négligeable de la population correspond désormais à ces personnes à risque, avec un tour de taille excessif mais un IMC encore normal. Le rapport taille/hanche est un marqueur d'autant plus intéressant qu'il est valable pour toutes les populations, à la différence de l'IMC qui doit s'adapter.

Faut-il par conséquent abandonner complètement l'IMC ? Comme facteur prédictif de maladie cardiovasculaire probablement, indiquent les auteurs mais il reste utile pour les autres risques (arthrose, lombalgies...) en rapport à l'obésité.

La dyspnée est un symptôme qui prédit le risque de mortalité cardiaque

Los Angeles, Californie- D'après une étude publiée dans le New England Journal of Medicine, la survenue d'une dyspnée durant une épreuve d'effort, en l'absence de douleur thoracique et/ou de signes d'ischémie coronaire, doit faire considérer la personne comme à risque de décès cardiaque. [2] Les auteurs du Cedars-Sinai Medical Center de Los Angeles,recommandent par conséquent de pousser plus loin les investigations en cas de dyspnée durant un test d'effort. "La dyspnée devrait faire l'objet d'une évaluation standardisée afin d'être intégrée à l'examen clinique des patients adressés à l'épreuve d'effort " écrivent-ils.

L'étude a porté sur 17 991 patients venus passer une tomographie myocardique SPECT (single photon emission.computed tomography) au repos et à l'effort et pour lesquels la survenue d'une dyspnée a été consignée. La mortalité cardiaque et non cardiaque de cette population a ensuite été analysée avec un suivi moyen de 2,7 ans.

Les patients dyspnéiques au moment du test d'effort étaient plus nombreux à être décédés que les non dyspnéiques et cela, quel que soit leur statut par rapport à la maladie coronaire. Même en l'absence de coronaropathie (au moment du test d'effort), l'existence d'une dyspnée avait multiplié par 4 le risque de mort subite de cause cardiaque. Soit le double du risque moyen de décès d'un coronarien stable. En revanche dans ce travail, les coronariens n'étaient pas plus à risque de décès que les autres sujets.

Comment expliquer ce résultat, s'interrogent les investigateurs ?

D'abord, il faut noter que l'étude n'est pas parfaite puisque l'on ne connaît pas précisément les antécédents, notamment pulmonaires, des patients. Seul élément d'information sur ce chapitre : le lien entre dyspnée et mortalité est identique chez les fumeurs et les non fumeurs au moment de l'examen. Il n'a pas été trouvé de lien entre la dyspnée et la dysfonction ventriculaire gauche. La fonction ventriculaire droite, qui peut contribuer à la survenue d'une insuffisance cardiaque, n'a pas été évaluée. "Il est possible que l'existence d'une vasoconstriction périphérique paradoxale durant le test d'effort (observée chez certains coronariens) puisse être à l'origine d'une sensation de dyspnée "avancent encore les auteurs.

« Chez le myopathe, il faut chercher une atteinte cardiaque avant l'adolescence et la traiter»

Houston, Texas -" Il faut chercher les signes d'une cardiopathie dilatée chez les enfants myopathes à partir de l'âge de 8 ans car on peut modifier leur pronostic, affirme le Dr Towbin qui vient de publier dans Circulation une étude de dépistage et d'intervention précoce chez des jeunes myopathes. [3] Or Actuellement, le neurologue n'adresse pas ces patients au cardiologue avant le stade de cardiopathie avec dyspnée de repos."

Pour savoir quand dépister une cardiomyopathie dilatée chez les myopathes et connaître l'impact d'un traitement précoce adapté, 64 myopathes (62 myopathies de Duchenne et 2 myopathies de Becker) ont bénéficié d'un examen clinique et d'une échographie cardiaque annuels. Dès la première anomalie échographique, les enfants étaient placés sous IEC ou IEC + bêta-bloquant et suivis tous les trois mois.

Au total, 31 enfants ont présenté des signes cardiaques ayant débuté entre l'âge de 10,4 ans à 21,2 ans (15,4 ans en moyenne). Sous traitement, 19 (66%) ont normalisé la taille et/ou la fonction ventriculaire gauche, 8 (26 %) les ont amélioré et deux (8 %) se sont stabilisés. "On voit que le traitement cardiaque a un impact important qui permettrait de gagner 5 à 10 ans de vie. Mais il faut impérativement détecter les signes cardiaques avant la puberté pour agir très précocement" avancent les auteurs.

Angioplastie : l'étude ISAR CHOICE ne trouve pas d'intérêt à dépasser la dose de charge de 600 mg de clopidogrel

Munich, Allemagne- Alors que l'étude ALBION présentée au congrès de PCR semblait montrer que des doses croissantes de clopidogrel s'accompagnaient d'un effet antiplaquettaire également croissant, l'étude allemande ISAR CHOICE constate quant à elle un plafonnement de l'effet biologique au-delà d'une dose de charge de 600 mg. [4] "Après 600mg, les capacités d'absorption digestive sont probablement saturées, expliquent les auteurs dans Circulation. Il faudrait alors utiliser une dose de charge intraveineuse de clopidogrel mais le produit n'existe pas."

Le travail a porté sur 60 patients adressés à l'angioplastie qui ont été randomisés pour recevoir une dose de charge de 300 mg, 600 mg ou 900 mg . Pour connaître le niveau d'inhibition antiplaquettaire, les investigateurs ont fait un test d'aggrégométrie avant et 4 heures après la prise de clopidogrel. Les différents métabolites plasmatiques de l'antiplaquettaire ont également été dosés.

L'étude a confirmé la supériorité de la dose de 600 mg par rapport à 300 mg. " Cela a déjà été montré dans d'autres travaux mais il faudra un essai clinique randomisé pour le valider, écrivent les auteurs. En revanche, nous n'avons pas constaté de bénéfice entre 600 mg et 900 mg. "

Interrogé sur la question d'une éventuelle discordance avec ALBION, le Dr von Beckerath (Munich) répond " ALBION montrait une tendance favorable pour la plus forte dose de 900 mg mais non significative. Par ailleurs, ce qui est vrai pour des tests plaquettaires ex-vivo n'a pas forcément vrai en terme d'événements cliniques".

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