POINT DE VUE

Effet de la musique de Verdi sur le rythme cardiaque

Dr Jean-Pierre Usdin

Auteurs et déclarations

20 septembre 2011

Paris, France — On sait bien que le selon un tempo, le rythme cardiaque et la pression artérielle peuvent augmenter ou à l'inverse diminuer.

Mais les constatations faites par les Pr s Peter Sleight (Oxford) et Luciano Bernardini (Pavie) rapportées dans CardioPulse (rubrique de l ' European Heart Journal) sont encore plus précises et étonnantes [1].

Selon ces auteurs certaines séquences d'arias comportant des cycles de six phrases par minute sont en harmonie avec la régulation de la circulation cérébrale.


Les vagues de Mayer

La stimulation des baro-récepteurs carotidiens sous l'influence d'une hypertension artérielle a deux effets successifs : un effet vagal immédiat, avec réduction de la cadence cardiaque, et un effet vasculaire sympathique retardé de 2 à 3 secondes provoquant une vasodilatation. Selon Sleight ces deux mécanismes interfèrent ; ainsi la pression artérielle n'est jamais stable, elle varie au rythme de six cycles par minute. Ces variations de 10 secondes sont connues sous le nom de vagues de Mayer.

Certains airs d'opéra notamment ceux de Guiseppe Verdi, contiennent des phrases proches de 6 cycles par minute.

Par exemple dans Nabucco le chœur des esclaves Va pensiero, et aussi dans la Traviata le chant Libiam nei lieti calici .

Selon Sleight si vous écoutez un aria de Verdi qui comporte ce rythme de 10 secondes, sa coïncidence avec la fluctuation normale de la pression artérielle induit la stimulation vagale, qui a pour résultat un ralentissement cardiaque.

Un effet bénéfique est attendu à la façon des exercices respiratoires du yoga qui réduisent le rythme cardiaque grâce à des cycles respiratoires de dix secondes.

Les effets liés à cette phraséologie musicale pourraient être utilisés en clinique dans les situations d'instabilité tensionnelle ou rythmique chez des patients hospitalisés en réanimation, par exemple.


De l'inconvénient d'y perdre son latin

Les auteurs notent aussi que ce rythme de six phrases par minute se trouve dans des chants liturgiques formulés en latin. Cependant en cas de traduction le rythme est différent, le chant perd alors son effet sur les vagues de Mayer. Ainsi Georges Brassens a raison dans sa chanson Tempête dans un bénitier : « sans le latin… »

Et Peter Sleight de conclure que la musique et les chants, uniques et si anciens dans la nature humaine seraient donc ancrés dans la physiologie, au moins circulatoire.

 

Référence
  1. Torjesen I. Verdi is in tune when it comes to blood pressure control. CardioPulse. In Eur. Heart J. 2010. 24 p. 2964-2966.

Commenter

3090D553-9492-4563-8681-AD288FA52ACE
Les commentaires peuvent être sujets à modération. Veuillez consulter les Conditions d'utilisation du forum.

Traitement....