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Véronique Duquéroy
Directrice éditoriale, Medscape

Vincent Richeux
Journaliste médical

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Sondage : les médecins français sont-ils satisfaits de leur profession?

Véronique Duquéroy, Vincent Richeux  |  1 décembre 2016

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Les médecins français se sentent-ils professionnellement valorisés? Si c’était à refaire, choisiraient-ils de nouveau la médecine? Conseilleraient-ils la même carrière à leurs enfants?

Alors qu’ils participaient au nouveau sondage de Medscape sur leurs revenus, près de 700 médecins français ont également répondu à un questionnaire sur leur situation professionnelle. Ils ont indiqué le nombre d'heures de travail hebdomadaire, le temps consacré à chaque patient et les aspects enrichissants, ou au contraire décevants, de leur métier. Voici les résultats.

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693 médecins membres de Medscape et exerçant en France ont répondu à ce sondage en ligne, entre le 25 mai et le 19 juillet 2016. L'échantillon est à prédominance masculine et l'âge suit une distribution normale.

Dans la grande majorité des cas, les médecins exercent à temps plein, les femmes étant plus nombreuses à travailler à temps partiel (une sur sept).

Plus de la moitié des répondants exercent à l’hôpital, et environ un tiers en cabinet. Les médecins en cabinet sont majoritairement plus âgés que leurs confrères hospitaliers (36% vs 15% respectivement ont plus de 60 ans). Enfin, un peu plus d’un répondant sur trois pratique dans de petites structures regroupant trois à 24 médecins.

Les valeurs dans les graphiques ont été arrondies et peuvent ne pas correspondre aux sommes décrites dans les légendes.

La marge d’erreur est de +/- 3,1% (IC 90%).

Le sondage a également été soumis aux médecins allemands membres de Medscape (604 répondants), l’occasion de comparer la satisfaction professionnelle entre les deux pays.

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Près d’un répondant sur cinq est médecin généraliste. L’anesthésiologie est la deuxième spécialité la plus représentée avec un répondant sur neuf, suivie par la psychiatrie et la cardiologie.

*Autre : 2% en gériatrie, 1% en santé publique, médecine du travail, ORL, addictologie, réadaptation

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Chez les répondants exerçant en libéral, plus d’un sur quatre déclarent qu’ils pourraient tout à fait devenir salariés à un moment donné de leur carrière. C’est le cas notamment pour 34% des généralistes et 21 % des autres spécialistes libéraux.

Les raisons invoquées pour un changement de statut sont les charges administratives (« trop de paperasses », « de tracasserie administratives ») et financières devenues de plus en plus contraignantes. Ils espèrent également obtenir une stabilisation et/ou une amélioration de leurs revenus en devant salariés. Enfin, plusieurs rapportent une importante « pression médico-légale » et des relations avec la CPAM tendues (« ne plus se sentir libre de ses prescriptions, sentiment d'être constamment fliqué »). Certains déclarent qu’il « est de plus en plus difficile d'exercer en libéral », et ne voient même « pas d'issue pour la médecine libérale ».

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La grande majorité des répondants se disent heureux d’être devenus médecin. Ce sentiment est davantage partagé par les plus jeunes (moins de 35 ans) et les plus âgés (plus de 65 ans). Les réponses étaient comparables chez les hommes et les femmes.

Pour autant, la comparaison avec les résultats du sondage réalisé l’année précédente et portant 2014, montre une dégradation de la satisfaction générale, puisque 92% des répondants s’étaient alors déclarés contents d’être médecin, contre 84% en 2015.

Chez les praticiens allemands, les proportions sont comparables à celles des français: 88% se déclarent heureux d’être médecin, et si c’était à refaire, 75% feraient de nouveau carrière en médecine.

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Presque un médecin sur quatre affirme que, si c’était à refaire, il ne choisirait pas une carrière en médecine. Dans leurs compléments de réponse, les médecins évoquent en premier une dévalorisation professionnelle et un « manque de reconnaissance », voire de « respect », de la part de l’État et des patients. Pour certains, « l'image du médecin apparaît discréditée dans la société » et « il y a un effondrement de la reconnaissance sociale ».

Ils estiment également que leurs revenus sont insuffisants au regard des « longues années d’études » et du travail fourni (« trop de fatigue et de responsabilité », « trop de temps consacré au travail au détriment de la vie personnelle »). Beaucoup parlent de « sacrifice » et évoquent « une dégradation de plus en plus marquée des conditions d'exercice ».

Parmi les médecins qui choisiraient de nouveau une carrière médicale, seulement deux sur cinq opteraient pour la même spécialité. Ce sont surtout les généralistes qui semblent insatisfaits de leur choix (un sur quatre), alors que plus de la moitié des cardiologues garderaient, eux, leur spécialité.

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Plus de la moitié des médecins, et en particulier les femmes, ne recommanderaient pas à leurs enfants de suivre la même carrière qu’eux. Parmi ceux qui encourageraient à suivre cette voie, une faible proportion conseillerait d’opter pour la même spécialité, et encore moins pour le même lieu d’exercice.

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L’aspect le plus gratifiant dans l’exercice de la médecine est la compétence professionnelle, en particuliers pour les spécialistes. La reconnaissance et la relation avec le patient arrivent en deuxième position, suivies par les avantages financiers.  La satisfaction liée à la fierté d’être médecin se retrouve en dernière position.

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Les médecins allemands accordent encore plus d’importance à la compétence, alors que la reconnaissance des patients et les revenus semblent jouer un rôle moins marquant dans leur satisfaction professionnelle que chez les français.

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Le temps consacré aux tâches non directement liées à la consultation (par ex. tâches administratives ou de gestion, participation à des organisations professionnelles, revue de la littérature, recherche, enseignement, etc.) va de 5 à 14 heures hebdomadaires pour plus de la moitié des médecins. Particulièrement chronophages, ces activités non cliniques dépassent même les 15 heures pour 21% des répondants.

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Si un médecin sur quatre consacre 30 à 40 heures par semaine à ses patients, ils sont près de la moitié (48%) à dédier plus de 46 heures hebdomadaires aux consultations. Dans 22% des cas, le temps consacré aux patients dépasse les 56 heures. Les cardiologues passent beaucoup de temps en consultation, 28% ayant déclaré plus de 56 heures par semaine.

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Si les praticiens consacrent au minimum 9 à 12 minutes à chacun de leurs patients, la moitié d’entre eux avancent un temps moyen de consultation compris entre 13 et 20 minutes. Un intervalle davantage rapporté par les médecins généralistes, un tiers d’entre eux déclarant un temps moyen par patient compris entre 13 à 16 minutes.

Les autres médecins spécialistes consacrent davantage de temps à leurs patients. Dans un tiers des cas, ils affirment dédier au moins 25 minutes en moyenne à leur consultation. Globalement, les plus de 45 ans et les femmes rapportent des durées de consultation plus longues que leurs confrères.

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Les trois quarts des médecins s’estiment insuffisamment rémunérés par rapport au travail fourni, avis encore plus prononcé chez les généralistes.

Cette insatisfaction est plus élevée que celle observée dans notre sondage de l’année dernière, où 64% des praticiens avaient répondu oui.

Les médecins allemands sont largement moins nombreux que leurs confrères français à se sentir insuffisamment indemnisés pour leur travail.

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Interrogés sur le montant du revenu annuel qu’ils souhaiteraient pour leur travail à temps plein, les médecins avancent en moyenne un revenu supérieur de 48% à leur revenu actuel. Plus précisément, les spécialistes estiment mériter une hausse de revenu de +50%, une revalorisation plus élevée que celle souhaitée par les généralistes (+42%).

Par ailleurs, les femmes proposent une hausse bien moins importante que celle des hommes.

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