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Références

  1. Coleman E. Toward version 7 of the World Professional Association for Transgender Health's standards of care: medical and therapeutic approaches to treatment. Int J Transgend. 2009;11(4):215-9.
  2. Buck CJ. Mental, behavioral and neurodevelopmental disorders (F01-F99). 2016 ICD-10-CM Standard Edition. St Louis, MO: Elsevier; 2016: chapter 5.
  3. American Psychiatric Association. Gender dysphoria. Diagnostic and Statistical Manual of Mental Disorders, Fifth Edition (DSM-5). Arlington, VA: American Psychiatric Association; 2013:451-9.
  4. Cudlitz L. Understanding trans* identities. (Presentation handout.)
  5. Gay & Lesbian Alliance Against Defamation (GLAAD). GLAAD media reference guide - transgender Issues. Available at: http://www.glaad.org/reference/transgender. Accessed: February 10, 2016.
  6. Landen M, Walinder J, Hambert G, Lundstrom B. Factors predictive of regret in sex reassignment. Acta Psychiatr Scand. 1998 Apr;97(4):284-9. PMID: 9570489
  7. Rubio-Aurioles E, Wylie K. Sexual orientation matters in sexual medicine. J Sex Med. 2008 Jul;5(7):1521-33. PMID: 18644085
  8. Masters WH, Johnson VE. Homosexuality in Perspective. Boston, MA: Little, Brown and Company; 1979:404-6.
  9. Nichols M. Therapy with sexual minorities. In: Leiblum SR, Rosen RR, eds. Principles and Practice of Sex Therapy. 3rd ed. New York, NY: The Guilford Press; 2000.
  10. Janet Mock. About Janet Mock. Available at http://janetmock.com/bio/. Accessed February 11, 2016.
  11. World Professional Organization for Transgender Health (WPATH). Standards of care for the health of transsexual, transgender, and gender nonconforming people, 7th version. September 2011. Available at: http://www.wpath.org/site_page.cfm?pk_association_webpage_menu=1351&pk_association_webpage=3926. Accessed February 24, 2016.
  12. Hembree WC, Cohen-Kettenis P, Delemarre-van de Waal HA, et al, for the Endocrine Society. Endocrine treatment of transsexual persons: an Endocrine Society clinical practice guideline. J Clin Endocrinol Metab. 2009 Sep;94(9):3132-54. PMID: 19509099
  13. Costa EM, Mendonca BB. Clinical management of transsexual subjects. Arq Bras Endocrinol Metabol. 2014 Mar;58(2):188-96. PMID: 24830596
  14. Horton MA. The incidence and prevalence of SRS among US residents. Presented at: Out and Equal Workplace Summit Conference; September 12, 2008, Austin, Texas. Available at: http://www.tgender.net/taw/thb/THBPrevalence-OE2008.pdf. Accessed February 11, 2016.
  15. Lipshultz LI, Corriere JN Jr. Construction of a neovagina in male transsexuals. In: Hafez ESE, Evans TN, eds. The Human Vagina. New York, NY: Elsevier North-Holland Biomedical Press; 1978.
  16. Hage JJ. Metaidoioplasty: an alternative phalloplasty technique in transsexuals. Plast Reconstr Surg. 1996 Jan;97(1):161-7. PMID: 8532774
  17. Klein C, Gorzalka BB. Sexual functioning in transsexuals following hormone therapy and genital surgery: a review. J Sex Med. 2009 Nov;6(11):2922-39. PMID: 20092545
  18. Weyers S, Elaut E, De Sutter P, et al. Long-term assessment of the physical, mental, and sexual health among transsexual women. J Sex Med. 2009 Mar;6(3):752-60. PMID: 19040622
  19. ter Kuile MM, Brauer M, Laan E. The Female Sexual Function Index (FSFI) and the Female Sexual Distress Scale (FSDS): psychometric properties within a Dutch population. J Sex Marital Ther. 2006 Jul-Sep;32(4):289-304. PMID: 16709550
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Auteurs

Dr Alexander W Pastuszak, professor d’urologie,  Division of Male Reproductive Medicine and Surgery
Scott Department of Urology
Baylor College of Medicine
Houston, Texas

Liens d’intérêt: Alexander W Pastuszak n’a pas de lien d’intérêt à déclarer.

Dr Mohit Khera, professeur d’urologie
Division of Male Reproductive Medicine and Surgery
Scott Department of Urology
Baylor College of Medicine
Houston, Texas

Mohit Khera a déclaré avoir été consultant pour Lipocine, AbbVie, et Endo Pharmaceuticals.

Ce diaporama a été publié originalement sur Medscape.com, le 16 février2016

Traduit par : I Catala

Editing : C Desmoulins

Liens d’intérêt : aucun

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Prise en charge des transgenres

Dr Alexander W Pastuszak, Dr Mohit Khera  |  26 septembre 2016

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Diapositive 1

Pourquoi est-il essentiel de communiquer sur les personnes transgenres ?

Entre les années 1960 et 1990, le nombre de patients transgenres pris en charge par les établissements de santé occidentaux a été multiplié par trois selon certaines estimations [1].  A cela deux raison possibles : soit les transgenres ont moins de réticences à demander une prescription médicamenteuse, soit le nombre de personnes se sentant en non-concordance de genre a augmenté.

Il faut aussi ajouter que les médias abordent désormais la question des transgenres, d’où une certaine banalisation qui peut faciliter le dialogue.

Les transgenres – individuellement ou dans le cadre de groupes – sont à la recherche d’une meilleure reconnaissance dans la communauté. Déjà les gouvernements locaux et fédéraux aux Etats-Unis, ont répondu à cette demande en protégeant les transgenres contre les discriminations et en favorisant l’égalité des droits, en particulier dans le domaine de l’accès aux soins.

En France, le 12 juillet dernier, les députés ont adopté une « procédure de changement d’état civil intégralement démédicalisée pour toutes les personnes majeures ou mineures émancipées ».

Image de participants à la marche pour la fierté des transgenres à Washington, DC fournie par Flickr/FightHIVinDC.

Diapositive 2

Transsexualisme

Telle est la définition du transsexualisme selon le ICD-10-CM (International Classification of Diseases, Tenth Revision, Clinical Modification)[2]. Ainsi, le transsexualisme est une non-concordance avec le genre de naissance associé à un souhait de transition définitive vers le genre auquel l’individu s’identifie. 

L’ICD-10-CM ajoute qu’un délai de deux ans d’identification à un autre sexe est nécessaire pour s’inscrire dans le cadre du transsexualisme. Par ailleurs, toute anomalie chromosomique ou affection psychiatrique (schizophrénie, par exemple) doit être écartée auparavant. [2]

En France, la Haute Autorité de Santé a publié en 2009 un rapport intitulé « Situation actuelle et perspectives de la prise en charge médicale du transsexualisme en France ». Pour la question du diagnostic la HAS précise, « Comme pour toute situation nécessitant des soins, l’établissement d’un diagnostic positif, est un préalable nécessaire. Plusieurs outils diagnostiques peuvent être utilisés et des troubles mentaux ou d’autres situations confondantes doivent être identifiés (diagnostic différentiel). En conséquence, dans cette étape diagnostique, le rôle du psychiatre est essentiel ».

Image fournie Medscape (couverture de livre) et par l’ICD-10-CM (texte).[2]

Diapositive 3

Non-concordance de genre ou dysphorie de genre

Jusque dans sa plus récente édition (la 5 ème), le DSM Diagnostic and Statistical Manual of Mental Disorders (DSM) de l’American Psychiatric Association's (APA's) intégrait le transsexualisme dans les pathologies mentales. La cinquième édition du DSM a remplacé le terme transsexualisme par celui de non-concordance (ou dysphorie) de genres pour signifier que le transsexualisme n’est pas une pathologie mentale et ne doit pas être stigmatisé[3].

Ci-dessus, vous trouverez les critères de non-concordance des genres chez l’adolescent et l’adulte. On peut aussi y rajouter une valeur additionnelle, « une condition qui est cliniquement associée avec une détérioration voire une détresse dans les rapports sociaux, dans le milieu du travail ou dans d’autres aires importantes de la vie quotidienne ».[3]

Image fournie par Medscape (couverture de livre) et par le DSM-5 (texte).[3]

Diapositive 4

Terminologie dans la communauté LGBTQ

Ci-dessus, vous trouverez la terminologie utilisée par la communauté LGBTQ (lesbienne, gay, bisexuel-le-s, transgenre, queer ou qui se questionne) pour définir les individus transgenres et ceux qui ne s’identifient pas comme transgenres.[4,5]

Notez que « transgenre » est un adjectif et non un nom.

Un homme transgenre est une personne qui a été assignée au genre féminin à la naissance mais qui s’identifie et vit comme un homme.[5]

Une femme transgenre est une personne qui a été assignée au genre masculin à la naissance mais qui s’identifie et vit comme une femme.[5]

Le terme « non-conformité de genre » fait référence aux individus dont l’expression de genre ne correspond pas aux attentes conventionnelles de la masculinité ou de la féminité.[4,5] Certaines personnes qui se définissent en « non-conformité de genre » s’identifient à des transgenres, mais ce n’est le pas le cas de toutes.

Image fournie par Dreamstime/Elena Duvernay; texte fourni par Lyndon Cudlitz.

Diapositive 5

Quatre composants de l’identité et du ressenti individuel peuvent être individualisés.

Ils sont définis comme suit [4,5]:

  • L’identité de genre correspond au sentiment d’être un homme ou une femme ou d’appartenir à un autre genre. Ce sentiment d’identité n’est pas visible par les autres. 
  • L’expression du genre correspond aux manifestations extérieures de masculinité ou de féminité.
  • L’orientation sexuelle renvoie au ressenti physique, émotionnel et au fait d’être attiré par une autre personne. 
  • Le sexe assigné renvoie à la classification des individus à la naissance comme masculins ou féminins.

Image fournie par Dreamstime/Elena Duvernay.

Diapositive 6

Importantes considérations dans l’approche des patients transgenres

Lors de la première consultation d’un patient qui souhaite une modification de genre, certains points doivent être pris en considération.

Les objectifs du patient sont essentiels à définir. Ce sont les principaux facteurs à analyser avant de prendre une décision. Si certains souhaitent un traitement médico-chirurgical, d’autres sont à la recherche d’une prise en charge médicamenteuse exclusive.

Aucun changement de genre ne doit être proposé sans l’implication de professionnels de la santé mentale (psychiatres, psychologues) avec lesquels les médecins doivent travailler de façon très rapprochée. Cette collaboration est essentielle pour :

  1. Poser ou confirmer un diagnostic de non-concordance de genre.
  2. Proposer un traitement pendant la durée de la transition entre les genres.
  3. Evaluer, diagnostiquer et traiter toutes les conditions psychiatriques concomitantes : ceci afin de limiter au maximum les éventuels regrets post-opératoires chez les personnes prises en charge chirurgicalement. [6]

En France, la HAS estime que la prise en charge des transgenres repose sur le travail conjoint d’un psychiatre, d’un endocrinologue et d’un chirurgien. 

Image fournie par Dreamstime/Gina Sanders

Diapositive 7

La discussion thérapeutique

Une fois le diagnostic de non-concordance des genres posé, les personnes qui souhaitent un changement de genre peuvent débuter un traitement médical et éventuellement chirurgical. Il doit s’y associer un suivi régulier par un médecin et un professionnel de la santé mentale.

La prise en charge globale des individus transgenres doit aborder différents sujets :

  • Les effets réversibles et irréversibles de la suppression hormonale et de l’hormonothérapie,
  • Les stratégies possibles de fertilité avant la mise en place de l’hormonothérapie,
  • Les modifications sociales et l’expérience en vie réelle en tant que membre d’un autre genre.

Image fournie par Dreamstime/Christian Delbert.

Diapositive 8

L’orientation sexuelle des transgenres

Ne tenez pas pour acquis que l’orientation sexuelle des transgenres est  hétérosexuelle. A l’occasion des consultations certaines questions ouvertes permettent d’aborder ce point : Etes-vous célibataire ou marié ? Parlez-moi de vos relations sentimentales… Ce type d’entrée en matière permet de préciser une éventuelle orientation homosexuelle.[7]

Dans leur ouvrage « Homosexuality in Perspective », édité en 1979, Masters et Johnson estimaient que les capacités sexuelles du corps » fonctionnent de la même manière chez les hétérosexuels et les homosexuels. »[8] Ainsi, ils soutiennent l’idée que les « dysfonctions sexuelles devaient être prises en charge avec des thérapeutiques identiques [,] sans prendre en compte l’orientation sexuelle de la personne qui en souffre. »[8]

Masters et Johnson estimaient que la prise en charge des troubles sexuels devait être fondée sur les mêmes principes chez les hétérosexuels et les homosexuels, à condition toutefois que le praticien qui les prend en charge ne soit pas homophobe.

Image fournie par Dreamstime/Karenr

Diapositive 9

Thérapie sexuelle chez les patients transgenres homosexuels

Des travaux récents de Nichols confirment l’idée préalablement exposée : la thérapie sexuelle doit être similaire que les patients aient une orientation hétérosexuelle ou homosexuelle. Mais il ajoute que le traitement doit prendre en compte des points particuliers qui peuvent devenir le point central du traitement: l’identité sexuelle, les modes de vie alternatifs, la nature de certaines pratiques sexuelles.[9] Ainsi, chez les patients transgenres homosexuels ces questions doivent impérativement être abordées.

Image fournie par Dreamstime/Mopic.

Diapositive 10

Hormonosubstitution des patients transgenres

Critères d’éligibilité pour un traitement hormonal

Les personnes transgenres qui souhaitent bénéficier d’une hormonosubstitution doivent répondre à certains critères de traitement qui sont listés dans des documents de référence.

Les critères de traitement hormonal féminisant ou masculinisant sont les suivants [11]:

  • Pouvoir prouver qu’il existe des signes de non-concordance de genre persistants.
  • Etre capable de prendre une décision à l’issue de l’exposé d’une information détaillée et de donner son consentement éclairé.
  • Avoir atteint l’âge de la majorité dans le pays de résidence (pour les plus jeunes, les médecins doivent suivre les recommandations pour enfants et adolescents).
  • Etre pris en charge et bien contrôlé en cas de problèmes médicaux ou psychiatriques préexistants.

Image fournie par Flickr/Ted Eytan réalisée à l’occasion d’une lecture d’un livre de Janet Mock. Janet Mock est auteure, animatrice de télévision, activiste dans le domaine des droits des transgenres et une femme transgenre.[10]

Diapositive 11

Quelle finalité pour le traitement hormonal ?

Une fois le diagnostic de non-concordance des genres établi et le processus de transition de genre enclenché, l’hormonosubstitution peut être mise en place. Le but de ce traitement est de réduire le niveau d’hormones endogènes – et de ce fait, de minimiser les caractères sexuels secondaires du patient dans son genre assigné. Il a aussi pour finalité de remplacer en même temps les hormones endogènes par celles du genre auquel l’individu se réfère.

L’échéancier de l’hormonothérapie doit être déterminé par le patient en collaboration avec les professionnels de santé qui le prennent en charge (psychiatre et psychologues, médecin).

Pour la HAS, l’hormonosubstitution vise « à fournir aux patients des hormones exogènes afin de supprimer les caractères sexuels secondaires du sexe d’origine et d’induire ceux du sexe opposé le plus complètement possible ».

Image de participants au gala annuel du National Center for Transgender Equality (NCTE) fournie par Flickr/Ted Eytan.

Diapositive 12

L’hormonosubstitution des hommes en réassignation vers le genre féminin

Pour les réassignations vers le genre féminin MtF (abréviation anglo-saxonne « Male to Female » individu initialement masculin en cours de réassignation en tant qu’être féminin), un traitement combinant des estrogènes et des anti-androgènes peut être proposé.[12] Les estrogènes peuvent être délivrés par voie orale, transdermique ou parentérale.

La plupart des études sur le sujet proposaient un traitement conjoint par anti-androgènes afin de faire baisser le niveau de testostérone endogène circulant et, ainsi, de permettre une action plus complète des estrogènes de substitution. Différents anti-androgènes peuvent être proposés pour supprimer les caractères sexuels du sexe refusé : anti-androgènes stéroïdiens, anti-androgènes non stéroïdiens, progestérone à action androgénique ou agoniste de la GnRH (gonadotropin-releasing hormone).

L’hormonothérapie des hommes en réassignation vers le genre féminin MtF est bien plus complexe que celle utilisée chez les femmes en réassignation vers le genre masculin FtM (abréviation anglo-saxonne « Female to Male » individu initialement féminin en cours de réassignation en tant qu’être masculin).[12] Les recommandations de la Société Américaine d’endocrinologie (Endocrine Society) pour le traitement hormonal des hommes en transition vers le genre féminin sont synthétisées plus bas, ainsi que celles de la HAS applicables en France.[12]

Les traitements oestrogéniques des hommes en réassignation vers le genre féminin MtF sont les suivants[12]:

  • 17 bêta estradiol oral : 2,0 à 6,0 mg par jour
  • 17 bêta estradiol en patch: 0,1 à 0,4 mg deux fois par semaine
  • Valérate d’estradiol: 5 à 20 mg intramusculaire (IM) toutes les deux semaines
  • Cypionate d’estradiol: 2 à 10 mg IM par semaine.
  • En France, la HAS propose aussi l’éthinyl-estradiol par voie orale et les estrogènes sulfoconjugués équins par la même voie.

Les traitements anti-androgéniques stéroïdiens des hommes en réassignation vers le genre féminin sont les suivants[12]:

  • Spironolactone: 100-200 mg par jour
  • Acétate de cyprotérone (non commercialisé aux Etats-Unis mais disponible en France): 50 à 100 mg par jour
  • L’acétate de médroxyprogestérone (disponible en France mais très rarement utilisé)

En France, la HAS propose aussi l’utilisation d’anti-androgènes non stéroïdiens : des bloqueurs des récepteurs androgéniques (flutamide, niltamide, bicalutamide) et un inhibiteur de la 5 alpha-réductase (finastéride). Les analogues de la Gn-RH et des progestatifs de synthèse dérivés de la progestérone ou de la 17 hydroxyprogestérone ainsi que des progestatifs norstéroïdes sont aussi parfois utilisés en France.

Image par collage de photos de Chris Tina Bruce, transgender homme vers femme bodybuilder fournie par Flickr/Chris Tina Bruce.

Diapositive 13

Hormonosubstitution des femmes en réassignation vers le genre masculin

L’hormonosubstitution des femmes en réassignation vers le genre masculin (FtM) est fondée sur l’obtention d’une masculinisation. Les traitements proposés sont calqués sur ceux de l’hypogonadisme masculin.[12] Des androgènes, principalement de la testostérone aux Etats-Unis et en France sont utilisés par voie transdermique ou parentérale à dose suffisante pour obtenir une testostéronémie considérée comme normale chez l’homme (généralement 300 à 1000 ng/dL).

L’hormonosubstitution des femmes en réassignation vers le genre masculin repose sur de la testostérone aux doses suivantes[12]:

  • Testostérone en gel à 1%: 2,5 à 10,0 g par jour
  • Testostérone en patch: 2,5 à 7,5 mg par jour
  • Enanthate ou cypionate de testostérone: 100 à 200 mg IM toutes les 1 à 2 semaines
  • Testostérone undecanoate (qui n’est pas commercialisé aux Etats-Unis) :1000 mg toutes les 12 semaines (1000 mg initialement suivi par une injection à 6 semaines et une à 12 semaines puis une injection toutes les 12 semaines).

Image de Thomas Beatie, un transgenre masculin connu aussi sous le nom de « l’homme enceint » à gauche image fournie par Frankie Fouganthin, et  image d’un  flacon de 10-mL de cyapionate de  testostérone (Depo-Testosterone) (à droite) image de la US Drug Enforcement Administration (DEA), les deux images ont été fournies par le biais de Wikimedia Commons.

Diapositive 14

L’hormonosubstitution des femmes en réassignation vers le genre masculin va induire des modifications corporelles spécifiques[12]:

  • Interruption ou arrêt total des menstruations
  • Modification de la tessiture de la voix vers un timbre plus grave
  • Majoration de la pilosité corporelle et de la masse musculaire
  • Augmentation de taille du clitoris
  • Effet sur la libido
  • Redistribution de la masse grasse corporelle

Par ailleurs, et c’est aussi spécifique des FtM, on note l’apparition d’effets indésirables liés à l’utilisation de testostérone [13]:

  • Acné
  • Prise de poids
  • Hypersexualité ou agressivité
  • Hypertension
  • Polycythémie (augmentation du nombre des globules rouges dans le sang)

Deux autres effets indésirables du traitement par testostérone surviennent parfois : trouble de la pilosité (hyperpilosité ou calvitie) et des anomalies du profil lipidique telles que l’hypercholestérolémie.[13]

C’est pour cette dernière raison que le suivi biologique des femmes en réassignation vers le genre masculin doit être régulier.

Image de Chaz Bono, a homme transgenre, fournie par Wikimedia Commons/dvsross.

Diapositive 15

Chirurgie de réassignation de genre

Environ 60%-70% des patients transgenres optent pour un traitement chirurgical de réassignation de genre.[14]

MtF

Chez les MtF, le changement de genre implique plusieurs interventions chirurgicales : orchidectomie, pénectomie, vaginoplastie, clitoridoplastie, et chirurgie des grandes et petites lèvres.

La vaginoplastie peut être réalisée à partir de lambeau de peau pénienne et scrotale invaginée. Un lambeau intestinal ou cutané peut aussi être utilisé.[15]

Le gland pénien est utilisé pour fabriquer un néoclitoris et la peau scrotale restante peut servir pour modeler les grandes et petites lèvres.

La féminisation des traits de la face est un élément important du changement de genre. Les interventions peuvent avoir lieu avant ou après la reconstruction génitale.

Les images en noir et blanc montrent la face et le profil d’un patient transgenre MtF avant le processus de féminisation de la face. Sur la vue de profil le visage est allongé, le menton est carré, les angles mandibulaires sont marqués, l’ensemble donnant une connotation masculine.

Les images en couleur sont des vues identiques du patient 4 ans après les interventions de correction faciale : chirurgie du menton avec recul et réduction verticale, modification de l’angle mandibulaire, diminution de l’épaisseur mandibulaire latérale et inférieure, chirurgie zygomatique, lipo-injections au niveau des joues, rhinoplastie, chirurgie du contour orbitaire, ablation de la bosse frontale, lifting des sourcils, ligne d’implantation des cheveux redessinée, épilation de la face.

Images fournies par Shams MG, Motamedi MH. Eplasty. 2009;9:e2. [Open access.] PMID: 19198644, PMCID: PMC2627308.

Diapositive 16

La transition chirurgicale FtM comporte des étapes chirurgicales systématiques : mastectomie bilatérale, phalloplastie. D’autres sont facultatives : hystérectomie, mise en place d’une prothèse pénienne.

La phalloplastie est une intervention chirurgicale complexe parfois émaillée de complications. C’est pour cette raison que certains chirurgiens préfèrent proposer une métaidoioplastie (transformation d’un clitoris hypertrophique en micro-phallus).[16]

Une chirurgie des grandes lèvres peut permettre de créer un scrotum dans lequel des implants testiculaires peuvent être ou non placés.

Les images de gauche sont celles de la poitrine d’un homme transgenre après mastectomie. A droite, on peut voir le portrait d’un homme transgenre après chirurgie.

Images de gauche fournies par Flickr/Charles Hutchins; et à droite elles proviennent Wikipedia/Buck Angel, Buck Angel Entertainment.

Diapositive 17

Fonction sexuelle chez les transgenres après hormonothérapie et chirurgie génitale

Résultats

Dès que la transition est complète, il est important de prendre en compte le résultat de la procédure, en particulier sur la fonction sexuelle. Globalement, les études montrent que la sexualité des transgenres est adéquate et que le taux de satisfaction sexuelle est particulièrement élevé dans les suites de l’hormonothérapie et du traitement chirurgical.[17]

Dans une étude qui comparait la santé globale et sexuelle des femmes transgenres ou non aux Pays-Bas et aux Etats-Unis, il apparaît que ces valeurs appréciées par le questionnaire SF-36 étaient plus hautes pour les premières que pour les secondes.[18]

Les capacités physiques en lien avec le sexe étaient aussi considérées comme satisfaisantes, tout comme le regard des autres sur leur apparence ainsi que l’auto-appréciation du corps en tant que femme.[18]

Tableau fourni par  Alexander W Pastuszak, MD, PhD. Source des données: Weyers S, Elaut E, De Sutter P, et al. J Sex Med. 2009;6(3):752-60. PMID: 19040622.[18]

Diapositive 18

Résultats sur la fonction sexuelle des femmes transgenres comparées à des femmes qui rapportent ou non des dysfonctions sexuelles

Lorsque la fonction sexuelle est évaluée par un auto-questionnaire validé (Female Sexual Function Index FSFI) l’étude mentionnée préalablement conclut que les femmes transgenres ont un score de satisfaction plus faible que celui des comparatrices (femmes qui rapportent ou non des dysfonctions sexuelles) sur tous les items du score FSFI (désir, lubrification, douleur).[18]

Néanmoins, une autre étude a, pour sa part, conclu que les scores FSIF des femmes transgenres étaient similaires à ceux des femmes qui rapportaient des dysfonctions sexuelles.[19]

Image fournie par  Flickr/Kevin Dooley.

Diapositive 19

Résumé

On ne parle plus désormais de transsexualisme mais de non-concordance ou dysphorie de genre. Un traitement hormonal et chirurgical ne peut être proposé que si le diagnostic est confirmé.

La prise en charge du patient transgenre repose sur un triangle : patient, psychiatre ou psychologue, et médecin.

Le traitement hormonal est efficace que ce soit pour les FtM ou pour les MfT. Mais pour qu’il puisse être prescrit, il convient que les patients soient éligibles mais aussi prêts pour un tel traitement.

La fonction sexuelle après le changement de genre est considérée adéquate. Parmi les plaintes les plus souvent rapportées chez les femmes transgenres on note une baisse du désir, une moindre lubrification et, parfois, des douleurs. 

Image fournie par Dreamstime/Littlepaw.

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